Hésitation chez le
psy
Aujourd’hui, vendredi 31 mars, Hésitation se rend chez son docteur des méninges.
Le rendez-vous est pris pour 11H chez le
docteur Guillaume Dorian, Psy du 70 cours Gambetta.
Elle ne sait pas encore si elle ira en bus, en voiture ou à
pied. C’est tellement pénible ces rues pour se garer! Les transports en commun
auront eu raison de ses doutes. Mieux vaut prévoir la simplicité et arriver
dans de bonnes conditions.
Devant la porte, encore une incertitude à balayer pour être
tout à fait sûre. Sonner ou repartir sur le champ ? L’abondance de
questions qu’Hésitation a emmagasinées depuis ce matin se bouscule dans sa
tête. « Allez ! Pour une fois, je ne me reconnais plus, se dit-elle
en appuyant franchement sur le bouton du 2è.»
Une fois dans l’ascenseur, elle réfléchit intensément à
cette visite.
« Que vais-je lui
raconter aujourd’hui ? Il y aurait tant à dire… Mes choix politiques, la
couleur de la robe du mariage, l’achat ou non d’une nouvelle cafetière, avec ou
sans dosette ? Je verrais bien ! »
La salle d’attente est vide, comme sa tête, à la fois
transparente et confuse.
« Ah !
Mademoiselle Hésitation, c’est à vous. »
« Vous êtes sûr,
docteur? » dit-elle en jetant son regard inquisiteur dans toute la salle.
« Je vous attends,
prenez votre temps ! »
Hésitation est prête à toutes les situations. Elle se
présente, ne sait où s’installer. Le fauteuil, le divan ou la balançoire ?
Elle choisit la balançoire.
- Voilà, je me
sens bien, ici. Que dire aujourd’hui ? Oui, j’ai pris le C21, puis le métro,
pas de problème. Je ne suis pas en retard, n’est-ce pas ? Dites-moi si je
vous ennuie. Je ne sais pas si je dois tout vous dire ?
- Allez-y, balancez-vous
et je vous suis dans votre récit.
- Et bien,
c’est-à-dire que… Par quoi commencer ? Ah oui… et puis non…
- C’est-à-dire ?
- Voyons, je suis plus
incertaine que la semaine dernière… j’hésite à vous parler de ce qui me
préoccupe. Et sur cette balançoire, j’ai comme une sensation de flottement qui
m’empêche de fixer mes idées. Comme c’est déroutant de ne savoir que penser,
qu’espérer. Tout mon problème est là !
- Oui, bien sûr, vous
n’osez pas, oubliez votre hésitation et dites-moi franchement si ma nouvelle
cravate me va bien. J’ai un rendez-vous amoureux ce soir et je ne voudrais pas
faire fausse note.
- Ah ! Je ne
saurais dire ! Elle est chic mais un peu trop voyante, peut-être même
ringarde. Que sais-je ?
- Oui ?
C’est vrai, vous ne savez jamais vraiment quoi penser. Êtes-vous libre ce
soir ?
- Ce soir ?
- Oui, ce soir !
reprend le psy en poussant légèrement la balançoire. Alors ?
- Oui ! répond
Hésitation sans hésitation. Je crois bien que oui, j’en suis même sûre !
- Bien, je crois bien
que c’est fini pour vous. Euh ! Vous avez dit « oui » ? Et
bien …euh… comment dire…je ne sais pas si je peux réellement. Je vais y
réfléchir... je ne suis pas certain de pouvoir. J’hésite. Ce n’est pas sûr du
tout. Puis-je prendre place sur la balançoire à côté de vous ?
- Euh ! J’oscille entre « oui » et
« non » Mais si vous y tenez… je pense que c’est sans ambiguïté. Oui !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire