vendredi 24 juin 2011

Alphabistrot



Alphabistrot …. jeu d’écriture
 

Auberge – Bistrot – Chaise – Dés – Épisode – Filles – Garçons – Homme – Idée – Jeu – Karaoké – Lumière – Maire - Nuit – Ombre – Pot – Quenelle – Rouge – Saucisson – Tartine – Ustensiles – Vin - Weekend – Xérès – Yaourt – Zébrures
Dans le bistrot, les filles et les garçons étaient au jeu de dés.
Sur la table d’à côté, un repas était dressé : pot de vin rouge, assiette de quenelles, saucisson, tartines au xérès, yaourt maison aux fraises.
Sur la chaise, un homme attendait la nuit avant d’entamer son repas.
C’était le maire. Il savait que ce weekend, un karaoké géant devait avoir lieu dans l’auberge d’en face. Et cela comme chaque année ! Cette nuisance l'insupportait grandement, lui qui habitait à côté de l’auberge. Que faire pour qu’il n’ait pas lieu ? Il eut soudain une idée. La nuit enfin venue, il avala son repas, se leva et salua l’assemblée des jeunes qui attendaient là l’ouverture de la soirée. Il prit soin de passer derrière le comptoir et de faucher discrètement un ustensile indéfinissable.
D’un coup de bicyclette, il arriva au transformateur, à la sortie ouest du village, après les zébrures du grand virage. Il prit soin d’ouvrir, à l’aide de l’ustensile, la porte métallique du gros boitier sans toutefois faire trop de dégâts. Et d’un coup, sans hésiter, enfonça le bouton rouge.
Puis ce fut le noir total. Aucune lumière, donc aucune ombre reconnaissable.
Il pédala en silence jusqu’à son domicile, se coucha à la bougie, mit ses bouchons d’oreille et passa une bonne nuit.
Dès potron-minet, il enfourcha son vélo et alla enfoncer le bouton vert du transformateur. Ni vu ni connu !
Cette panne retentit tout de même dans le village pendant un bon mois. Personne n’en comprit la cause.
Pourtant, une aigreur le cloua au lit toute la journée suivante.
Remord ou repas mal digéré ?
Le maire soupçonna le patron du bistrot d’avoir poussé un peu trop la dose de xérès sur ses tartines.
L’épisode achevé, il pensa à l’année prochaine et eut à nouveaux des nausées…

mercredi 1 juin 2011

Le bouton de Woody


19h. Sur la Croisette, c’est l’heure du Tapis Rouge.
Les badauds sont là depuis midi.
Ce soir, c’est du lourd. Woody Allen en scène pour la parade people.
Les photographes se pressent au premier rang, assis, à genoux ou sur un escabeau.
Parmi eux, Philibert, figé face à l’axe de la bande rouge.
19h17 Clameurs, applaudissements, cris d’amour et d’hystérie.
Woody apparait, le sourire vague, l’allure étrange. Il descend à pas lents au bras d’une jeune nymphe – la dernière née de ses pellicules.
Philibert est concentré, l’objectif obscène, l’œil droit soudé au viseur.
Woody est visé juste, mais justement là où il ne faudrait pas.
Un détail foudroie Philibert, obligé de cadrer large pour le dissimuler.
Woody s’est trompé de bouton !
Il a mis Pierre avec Paul ou plus exactement Scarlett avec Diane.
Sur sa chemise blanche, l’outrage est irréparable. Mais tans pis !
Philibert mitraille le cinéaste, pensant qu’au montage il aura l’habileté de corriger la faute de goût.
Et puis après tout, c’est Woody !
Le lendemain, la planète entière s’émeut de la photo de Woody Allen sur la Croisette.
« Oh, il s’est trompé de bouton et personne ne le lui a dit ! s’exclame-t-on. Quel charme ! »
Depuis ce jour, Philibert prend toujours soin de se tromper de bouton avant de rejoindre le staff du Service Presse.
**