mercredi 1 août 2012


Scène de transport dans les transports   
                                                              
La banquette en skaï

«  Le train en provenance de Marseille entre en gare, quai n° 3.
 Veuillez-vous éloigner de la bordure du quai ! »

Léna eut à peine le temps de rassembler ses effets personnels tant l’annonce de l’arrivée la surprit dans ses ébats.
Le compartiment C du wagon de tête dégageait une forte  odeur de délit amoureux.
Pourtant, ce voyage avait une fin ! Comment cela pouvait-il être possible ?
Jamais transport ferroviaire n’avait à ce point fait chavirer le cœur de la belle italienne ! Une nuit et une journée avaient filé au-delà du temps, ne lui laissant comme souvenir qu’une étreinte sans fin.

Le chignon défait, le rimmel outrageux, Léna émergea de la banquette en skaï, toute en apesanteur.
A ses côtés, un inconnu tout aussi ébahi qu’elle, redressa la tête.
- « Parigi ? cria t-il. Grazie, Signorina ! »
Et il descendit.


Autrement dit

Il s’appelait Gaston
Elle se nommait Suzon

Il n’avait pas un rond
Elle avait les  cheveux blonds

Il conduisait son camion
Elle rêvait de Saigon

Il transportait des millions
Elle portait leur rejeton

Il hésita entre tunnel et pont
Elle lui dit : « Prends le pont ! »

Il était un peu rond
Elle avait le ventre rond

Il passa rue Fénelon
Elle aperçut les bignolons

Il toucha vraiment le fond
Elle ne vit jamais les fonds

Il termina en prison
          Elle accoucha hors-saison.

lundi 21 mai 2012

en P

Pluie de mai
Pont du mois 
Pain de mie
Pâte à mots
Pied au mur 
Poil aux  mains



KYOTO


Estampes à Kyoto
Tableau  impressionniste,  esquisses de touches légères, images en clair-obscur, telles seront les estampes croquées à jamais dans ma mémoire après cette tranche de vie passée à Kyoto. 

Ville des contrastes saisissants, tous les sens ont été mis à belle épreuve.
Une courtoisie excessive qui fait sourire mais qui fait du bien.
Un embrouillamini de fils électriques qui flottent au dessus des rues.
Une rivière Kamo qui se traverse à pied sur des gros pavés japonais.
Des taxis habillés de dentelle blanche qui circulent jour et nuit.
Des chauffeurs de taxis et de bus qui conduisent, mains gantées de blanc.
Des plats raffinés qui étonnent par leur saveur dans les plus simples auberges.
La grande kermesse où la foule se presse pour jouer aux autels des temples shintos.
L’extrême délicatesse des femmes en kimono qui préparent  la cérémonie du thé.
Les panneaux coulissants décorés qui offrent la sérénité à l’intimité.
Les incroyables tableaux des stations de métro qui surplombent les machines à tickets.
Les camélias géants qui ornent les fabuleux jardins.
Le marché de Nishiki où se mêlent poissons fumés et gâteaux de thé vert.
Les rues de Gion la nuit qui offrent l’image de l’ancien Japon mystérieux.
Des cyclistes  qui roulent les jours de pluie, le parapluie à la main.
Des rues parfaitement, absolument, obligatoirement propres sans une seule poubelle !
Des boutiques à 100 yen (1 euro) qui regorgent de fantaisies utilitaires ou inutiles.
Les poêles à omelettes carrées pour fabriquer les makis ronds.
Des boutiques où l’on ne vend que des baguettes.
Des jolis bentos rigolos préparés avec soin pour un pic-nic au bord de la Kamo.
Des temples à chaque détour de rue pour trouver le calme en plein centre ville.
Un moine bouddhiste qui  fait le clown avec les visiteurs de Koya-San.
Des poissons manche-à-air qui flottent au dessus des rizières.
Un teinturier pédagogue et souriant qui apprend à teindre l’indigo sur un carré de coton.
Une cuisinière pédagogue et souriante qui nous reçoit chez elle pour un cours particulier.
Des collégiens en uniforme qui se font prendre en photo dans le parc du pavillon d’Or.
Des « Aligato gosaïmas » à n’en plus finir (je vous remercie de me remercier de vous dire merci).
…  et un Aligato spécial pour nos adorables guides, Alexandre et Mélodie.

dimanche 29 janvier 2012

SONGE

Silence, on rêve !
Oublions nos entraves
Noyons-nous sur la grève
Gardons nos accents graves
Etirons nos vies brèves.

Silence, on trêve !
Ondulons-nous en braves
Nyctalopes qu’Eve
Guidera de ses parfums suaves.
Exhumons nos rêves !

Janvier 2012